Intel réalise la plus grosse acquisition de son histoire

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Les milliards continuent de pleuvoir sur l’industrie des semi-conducteurs. Quelques jours après le rachat de Broadcom par son concurrent Avago pour 37 milliards de dollars- la plus grosse transaction dans le secteur -, c’est au tour d’Intel de sortir son carnet de chèques. Le numéro un mondial des puces va s’offrir l’américain Altera pour 16,7 milliards de dollars, soit 54 dollars par action. La transaction a été officialisée lundi, après une première tentative en avril. La société, basée à San Jose, réalise 1,9 milliard de dollars de chiffre d’affaires et emploie plus de 3.000 personnes.

Il s’agit de la plus grosse acquisition d’Intel (né en 1968) après celle, en 2010, des antivirus McAfee (7,7 milliards). C’est aussi le dernier acte (pour l’instant) de la consolidation qui secoue l’industrie depuis plusieurs années et s’est accélérée ces derniers mois. Sans compter la mégafusion entre Broadcom et Avago, le montant des transactions annoncées cette année dépasse 26 milliards de dollars, soit le double de l’an dernier, selon Dealogic. L’industrie est embarquée dans une course à la taille. Pour survivre, il faut être de plus en plus gros.

D’une part parce que la croissance du marché des puces informatiques ralentit. Gartner a récemment revu à la baisse ses estimations pour 2015, avec une progression « limitée » à 4 %, à 354 milliards de dollars. Le marché du PC reste sous pression, et la croissance des ventes de smartphones faiblit. D’autre part, les fabricants de semi-conducteurs doivent investir toujours plus. La course à la miniaturisation et à la performance coûte cher en dépenses de R&D;, mais aussi en capacités de production. Il faut pouvoir suivre le rythme, tout en contentant des clients intraitables sur le prix.

Pour Intel, il s’agit à la fois de défendre les positions acquises et de poursuivre la diversification. Le géant californien a raté le virage des smartphones, où Qualcomm règne en maître. Victime du ralentissement des PC, il veut consolider son monopole sur le marché très rentable des serveurs, qu’il domine à plus de 90 %.

La technologie développée par Altera va pouvoir l’y aider : la société conçoit des circuits intégrés (appelés FPGA) qui peuvent être reprogrammés, même après avoir été installés sur une machine. Ces puces peuvent être combinées à celles d’Intel et ainsi offrir à ses clients davantage de flexibilité dans la gestion de leur parc de serveurs dans le temps. Le marché des puces pour serveurs est tiré par le boom des « data centers », ces entrepôts géants qui renferment les milliards de données informatiques générées par tout type de terminal. Google, Facebook ou Amazon, qui gèrent des montagnes de data, sont devenus des clients de choix pour une société comme Intel. Le portefeuille de clients d’Altera est aussi intéressant pour son futur propriétaire : le groupe vend ses puces à l’industrie militaire, à l’automobile, aux équipementiers télécoms…

Il se positionne également dans les objets connectés. Intel espère combiner son savoir-faire avec celui d’Altera pour s’imposer rapidement sur ce marché, promis à une forte croissance. Et sur lequel tous ses grands rivaux lorgnent déjà.

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