La Haute-Normandie, terre d’élection du nucléaire

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En désignant la centrale EDF de Penly, près de Dieppe, pour accueillir le deuxième EPR, le président Nicolas Sarkozy a fait le choix technique qui était recommandé par les spécialistes. « C’est l’option la plus facile, la plus pratique et la plus économique « , dit-on à la direction du site, qui compte déjà deux réacteurs de 1.300 MW. Le principal atout de cette centrale est d’avoir été construite en bord de mer pour faciliter le refroidissement de ses réacteurs. Elle dispose en outre de lignes à très haute tension pour évacuer l’électricité et de la place nécessaire déjà aménagée pour construire un autre réacteur. Le site ressemble en tout point à celui de Flamanville (Manche), où la construction du premier EPR a été lancée à l’été 2006. A cet avantage technique s’est ajoutée une forte mobilisation des élus locaux, qui ont affiché leur unité, ce qui n’avait pas été le cas lors de l’attribution du premier EPR. Sous la conduite du maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht, une délégation composée d’élus de droite et de gauche avait plaidé en décembre en faveur de Penly auprès du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo.
Emplois et ressources fiscales
Ces élus avaient en particulier souligné la nécessité de trouver des compensations aux pertes d’emplois dans l’automobile, notamment dans les usines Renault de Sandouville et de Dieppe. Antoine Rufenacht, tout comme le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel, et la députée PS Sandrine Hurel, parlent aujourd’hui de « la bouffée d’oxygène » qu’apporte la construction de cet EPR, qui représente un investissement de plus de 3 milliards d’euros. Quelque 300 salariés travailleront dans l’unité à sa mise en service, tandis que le chantier prévu pour durer cinq ans, de 2012 à 2017, nécessitera jusqu’à 2.300 salariés dans les périodes de pointe. « Nous avons grand besoin de ce projet pour les emplois, mais aussi pour les ressources fiscales, car une installation comme celle-ci représente chaque année des millions d’euros de taxe professionnelle « , ajoute le maire du Havre.

Enfin, le choix a été facilité par l’existence d’un savoir-faire local et l’absence d’opposition majeure au nucléaire dans cette région, à la différence par exemple de la Bretagne. Depuis 1984, six réacteurs de 1.300 MW ont été mis en service en Haute-Normandie, deux à Penly et quatre à Paluel, un peu plus au sud, toujours sur le littoral. Grâce à ce parc, la région produit déjà 10 % de l’électricité française.

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