La Scop Bouyer Leroux va doubler de taille

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C’est un travail de longue haleine, pour la SCOP Bouyer Leroux, que de doubler de taille. Le numéro un français de la brique en terre cuite, basé à La Séguinière (Maine-et-Loire), compte y parvenir en février 2018. Les 250 salariés, sociétaires de cette coopérative fondée en 1980, seront alors appelés à voter pour fusionner avec la filiale Bouyer Leroux Structure (BL Structure), issue du rachat du pôle terre cuite d’Imerys en 2013. Avec ses 360 salariés sur sept sites, la filiale acquise dépasse en taille celle de son acquéreur. Une telle fusion sous forme de coopérative ne s’était pas vue depuis celle de Chèques Déjeuner en 2015.

Initialement, BL Structure devait demeurer une filiale, « mais nous avons préféré une fusion-absorption, explique Roland Besnard, le PDG du groupe. Car nos activités sont les mêmes, ainsi que les clients, on ne pouvait imaginer durablement de faire vivre deux entités côte à côte « .

Depuis le rachat, Bouyer Leroux a mené un long travail de convergence sur l’informatique, les pratiques, le langage interne, la codification des produits, la gouvernance… Restait à s’aligner sur le statut coopératif, ce qui implique un travail de formation des salariés avec un système de parrainage. Pour ne pas déstabiliser le groupe, « les salariés se présenteront au sociétariat en trois vagues », précise le dirigeant, qui décrit deux cultures différentes entre les sociétaires historiques et les ex-Imerys. L’esprit coopératif « ne se décrète pas » , mentionne Roland Besnard. « Mais un vote négatif créerait une forte déception et ferait de cette filiale un bateau difficile à piloter. »

Pas question, en revanche, de convertir les autres filiales du groupe au statut coopératif. Bouyer Leroux détient notamment les menuiseries SPPF et Fermetures Loire-Océan. En 2014, il s’est diversifié dans le béton en reprenant le breton Robert Thébault. Le groupe atteint ainsi un effectif de 900 salariés, pour un chiffre d’affaires de 185 millions d’euros. « Du fait de leur rentabilité et de leur valorisation, ces sociétés seraient hors d’atteinte pour les salariés », précise Roland Besnard. Qui plus est, « elles ont été acquises dans le cadre d’une stratégie de diversification », poursuit-il. « Si la Scop allait mal, elles pourraient nous aider à survivre grâce à leur résultat ou même être cédées pour dégager une marge de manoeuvre. »

E. Gui.

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