le projet de mur à la frontière mexicaine avance

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Donald Trump n’en démord pas : il entend plus que jamais ériger un mur à la frontière américano-mexicaine afin de réduire l’immigration clandestine. Preuve que le projet avance, quatre entreprises américaines ont été sélectionnées jeudi par son administration pour construire des prototypes de murs en béton renforcé à la frontière avec le Mexique. 

Les lauréates – Caddell Construction ; Fisher Sand & Gravel, DBA Fisher Industries ; Texas Sterling Construction Co. ; et W. G. Yates & Sons Construction Company – avaient postulé en mars dernier à l’appel d’offres lancé par le service fédéral des Douanes et de protection de la frontière. Ceci en vertu d’un décret signé par le nouveau locataire de la Maison Blanche dès son arrivée au pouvoir. 

La présentation des premiers prototypes aura lieu cet automne dans la région de San Diego (Californie). Ce que l’on sait pour l’heure, c’est qu’ils mesureront entre 5,50 et 9 mètres de haut, seront équipés d’éléments « anti-escalade » et qu’ils ne seront pas forcément en béton. Washington a en effet lancé parallèlement une autre consultation pour des murs réalisés avec d’autres matériaux. Le résultat sera annoncé la semaine prochaine. 

 

Une facture à géométrie variable

Quelle sera la facture ? Chaque section de mur a été estimée par les entreprises lauréates entre 400.000 et 500.000 dollars. Mais l’enveloppe budgétaire pour le projet global n’a pas été annoncée. Au moment où les budgets fédéraux font face à d’importantes coupes, elle devra être négociée avec le Congrès. Les élus planchent en ce moment sur le budget… et outre-Atlantique l’année budgétaire débute le 1er octobre.

Or la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est longue (3.200 km dont 1.000 km déjà protégés par une barrière métallique) et le chiffrage du projet a beaucoup évolué. Pendant la campagne présidentielle, Donald Trump avait estimé le coût du mur à 12 milliards de dollars. Puis, Paul Ryan, chef de file des républicains à la Chambre, et Mitch McConnell, son homologue au Sénat, avaient revu l’addition à la hausse : 15 milliards de dollars. Insuffisant ! 

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Dans un rapport publié en février dernier, John Kelly, le secrétaire à la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security) a fourni une nouvelle estimation: 21,6 milliards de dollars pour ce chantier dont la troisième et dernière phase devrait s’achever en 2020. 

Selon une récente de l’institut de recherche indépendant Brookings parue ce vendredi, ce montant serait encore sous-estimé. Il cite le chiffre de 25 milliards de dollars avancé par le Washington Post et celui de 70 milliards qui figure dans un rapport publié au Sénat par les démocrates.

 

Mais qu’importe les estimations, Donald Trump veut le mur qu’il a promis aux électeurs, quitte, a-t-il prévenu, à provoquer un « shutdown » – un arrêt des activités du gouvernement et une crise politique. 

Le mur et l’Aléna

Si les chiffres restent nébuleux, une chose est sûre, ce mur risque de dégrader un peu plus encore les relations américano-mexicaines. Ceci, alors que Mexico accueille depuis ce vendredi, et jusqu’à mardi, les experts chargés de renégocier le traité de l’Alliance de libre-échange nord-américain (Alena). 

En effet, Donald Trump a répété à plusieurs reprises ces derniers jours que le Mexique « paierait pour le mur d’une manière ou d’une autre ». Une hypothèse que son homologue mexicain Enrique Peña Nieto a toujours catégoriquement rejetée.

Autre pomme de discorde : Donald Trump a prévenu lundi qu’il allait sans doute dénoncer l’Aléna afin de négocier un meilleur accord avec ses deux partenaires, le Mexique et le Canada. Mercredi, le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, a fait savoir que son pays quitterait la table des négociations si le président américain mettait sa menace à exécution. 

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