Paris tente à nouveau de réduire l’affichage publicitaire

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Bis repetita. Trois ans après avoir dû abandonner, sous la pression des afficheurs, le toilettage de son règlement local de publicité (RLP), la Mairie de Paris a remis hier l’ouvrage sur le métier, en présentant un nouveau texte visant à réduire de 30 % la publicité dans la capitale… qui a sans surprise suscité une levée de boucliers chez les élus et dans les milieux économiques. « Paris est une ville patrimoniale, et nous voulons diminuer l’impact de la publicité dans le paysage « , fait valoir Danielle Pourtaud, l’adjointe au maire en charge du patrimoine. La ville, qui compte aujourd’hui 2.400 panneaux, souhaite en particulier agir le long du périphérique et des Maréchaux où elle mène une politique de requalification urbaine, et espère y réduire de 40 % le nombre de panneaux. Le futur RLP, s’il est adopté, réduira la taille des affiches (de 12 à 8 mètres carrés maximum), réglementera leur implantation (25 mètres minimum entre chaque panneau et 60 mètres le long du périphérique) et les proscrira aux abords immédiats des écoles (50 mètres), à Montmartre et sur les voies sur berges. Il s’intéresse aussi aux nouvelles formes de publicité méconnues du temps de l’ancien règlement (1986) comme les bâches qui recouvrent les immeubles en travaux, sur lesquelles la réclame sera désormais partiellement autorisée (16 mètres carrés maximum). Autant de pommes de discorde en vue. Hier, les élus (Verts, UMP, Nouveau Centre, Front de Gauche) et les représentants des milieux économiques (CCIP, afficheurs) ont présenté 160 amendements, obligeant la mairie, qui espérait voir le texte voté, à programmer une nouvelle réunion le 11 février. « Comparé aux autres métropoles, Paris a une présence publicitaire plutôt faible. Avec cette réforme restrictive, la publicité va chuter de 45 à 50 % », dénonce Stephane Dottelonde, le président de l’union de la publicité extérieure. Les élus UMP et NC, déplorent, eux, l’interdiction faite au micro-affichage « utile pour les petits commerçants » et surtout « la restriction » de la surface publicitaire sur les bâches, qui, estiment-ils, répond à une demande des propriétaires désireux de financer le ravalement de leur façade. « Nous aurions préféré que la ville attende la parution des décrets du Grenelle 2 « , regrette plus généralement l’UMP Laurence Douvin.

Des positions antagonistes
A l’inverse, Verts et Front de Gauche jugent que le RLP ne va pas assez loin. « Je ne suis pas entièrement satisfait. J’aurais aimé plus de distance avec les écoles « , explique l’élu Vert Jacques Boutault. Des positions antagonistes, entre lesquelles la ville s’efforce de jouer les équilibristes, tout en affirmant qu’elle ne sera pas trop perdante au plan économique : une partie de la redevance annuelle perçue au titre de la publicité (24,8 millions d’euros) va fondre, mais, cherche à rassurer Danielle Pourtaud, « cette baisse n’atteindra pas la proportion de 30 % « .

@L_Albert_Suivre

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