PSA boucle le rachat d’Opel auprès de General Motors

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Opération éclair pour le rachat de la marque au « blitz  » : après quatre-vingt-huit ans dans le giron de General Motors, le constructeur allemand Opel a officiellement changé mardi de propriétaire, devenant filiale à 100 % de PSA, suite à l’accord signé en mars.

Un nouveau départ pour le constructeur des Astra et Mokka, qui dispose désormais de cent jours pour définir un nouveau plan stratégique, voué à tourner la page après les pertes massives de 12,5 milliards d’euros accumulées par la marque allemande depuis seize ans ! En guise de solde de tout compte, GM avait annoncé la semaine dernière une ultime provision de 770 millions de dollars pour couvrir le déficit du plan de retraites d’Opel, qui faisait plonger son propre bénéfice net de 42 % au deuxième trimestre, mais qui s’avérait conforme à l’accord signé cet hiver entre Carlos Tavares et Mary Barra.

Avec le feu vert accéléré et sans condition de Bruxelles début juillet, qui n’a rien trouvé à dire en termes de droit à la concurrence, « tout s’est mis dans le bon ordre « , résume-t-on dans l’entourage de Carlos Tavares. En mars, les deux groupes avaient signé le rachat des activités automobiles d’Opel pour 1,3 milliard d’euros, plus 460 millions pour l’acquisition de ses activités de financement automobile avec l’aide de BNP Paribas, rachat qui fera l’objet d’un examen séparé par Bruxelles. En jouant sur les complémentarités géographiques et industrielles des deux côtés du Rhin, les deux groupes espèrent aller vite. S’il n’est pas encore question de sortir d’Europe pour Opel, marque véritablement scotchée au marché du Vieux Continent, PSA a annoncé la couleur : l’objectif est que la marque allemande et sa cousine britannique Vauxhall sortent du rouge dès 2020, avec à cet horizon un free cash-flow positif et une marge opérationnelle de 2 %, devant grimper à 6 % en 2026.

Pour cela, Carlos Tavares s’appuiera non pas sur des ingénieurs ou des commerciaux, qui faisaient jusqu’à présent la loi au siège de Rüsselsheim, non loin de Francfort, mais sur Michael Lohscheller, l’ex-directeur financier d’Opel, nommé à la tête de la filiale. A lui de définir une équipe légère, avec peu de niveau de reporting, et d’identifier toutes les synergies possibles avec PSA, évaluées à 1,7 milliard d’euros par an à moyen terme, dont 30 % dans les achats, 25 % dans la R&D; et 20 % dans la production. Autant dire que le plus dur reste à faire, car GM parlait lui aussi de synergies croisées avec Opel, et cela depuis des décennies.

Avec cette opération, le nouveau groupe PSA élargi à cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall) se hisse au deuxième rang européen, devant Renault-Dacia, captant une part de marché de près de 17 %. Au premier semestre, et sans tenir compte des utilitaires, PSA ancien format détenait 10 % de part de marché en Europe (juste derrière Renault), et Opel-Vauxhall 6,3 %, en septième position.

D’autre part, Carlos Tavares envoie des hommes de confiance sur les rives du Main : Remi Girardon, directeur de la stratégie industrielle de PSA, devient patron de la fabrication chez Opel, tandis que Philippe de Rovira, directeur du contrôle de gestion, sera le nouveau financier d’Opel, succédant à Michael Lohscheller.

Denis Fainsilber

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