Textiles Well vise une marge d’exploitation de 5 % d’ici à trois ans

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Les Echos n° 18435 du 02 Juillet 2001 • page 14

Il est grand temps que Well retrouve une certaine stabilité. » Ghislaine Costantini, directeur général de l’entreprise cévenole, n’en fait pas mystère : avec quatre actionnaires successifs, des pertes de position sur un marché du collant lui-même en déclin, deux plans sociaux, un déficit d’exploitation qui, en 1997, a atteint 60 millions de francs, les années 90 n’ont pas été de tout repos pour le fabricant de collants.

Entrée chez Well fin 1997, Ghislaine Costantini, une ancienne du groupe Danone, s’est attelée au redressement de l’entreprise : « Il nous a fallu renouveler l’équipe de direction, relancer rapidement l’innovation et ajuster les capacités de production en supprimant 170 postes industriels sur 650 », énumère le PDG. Ces mesures drastiques ont permis à Textiles Well de voir son chiffre d’affaires progresser en 2000 de 7 %, à 550 millions de francs (84 millions d’euros), et surtout de renouer avec un profit d’exploitation (9,5 millions de francs), le résultat net restant déficitaire à cause de lourdes charges financières.

Importante recapitalisation
Propriété depuis 1994 du groupe britannique Courtaulds, lui-même racheté par l’américain Sara Lee, Textiles Well a dû être cédé par son nouvel actionnaire à la demande de Bruxelles. « Avec Dim, Chesterfield et Well, Sara Lee aurait détenu 70 % du marché français du collant », explique Ghislaine Costantini. Désormais, c’est Natexis Industries qui possède 90 % du capital de la société, le reste étant entre les mains du management.

Avant de céder sa filiale, dont l’endettement avait fortement crû au fil des années, Sara Lee a accepté de la recapitaliser à hauteur de 180 millions de francs. Avec des bases financières ainsi assainies, Textiles Well s’est vu assigner par son nouvel actionnaire un objectif de 5 % de rentabilité d’exploitation d’ici à trois ans. « Conforme aux normes du secteur, cet objectif réaliste nous laisse des marges de manoeuvre pour assurer notre développement à moyen terme », souligne Ghislaine Costantini. Car le PDG souhaite renforcer la présence de sa marque sur le segment haut de gamme de la grande distribution en lançant des produits de « contre-saison » (collant « effet bronzant », collant « effet minceur », pour le printemps et l’été) et en cherchant à séduire une clientèle plus jeune. A l’automne seront ainsi commercialisées une ligne « assez glamour » pour les 25-35 ans, baptisée « Fashion Line », ainsi qu’une autre ligne « plus épurée » pour les moins de 25 ans, sous la marque Elite, dont Textiles Well a obtenu la licence.

Mais le marché global du chaussant continuant à montrer des signes de faiblesse, le PDG souhaite développer l’activité lingerie, qui ne représente que 20 % de ses ventes mais dont les marges sont supérieures.

Alors que beaucoup de ses rivaux optent de plus en plus pour la délocalisation, Textiles Well, qui réalise 60 % de sa production dans son usine gardoise du Vigan (dont 80 % des collants), prévoit d’y investir 40 millions de francs dans les trois prochaines années. Pour 2001, le PDG table sur une hausse du chiffre d’affaires comprise entre 5 % et 10 % et sur un retour aux profits nets, les frais financiers ayant été allégés par l’opération de recapitalisation opérée par Sara Lee.

XAVIER LECOEUR

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