Une question de prestige pour les membres de l’« Ivy League »

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Les universités se livrent une concurrence féroce pour être en tête du classement des performances, remporté par Yale.

Tandis que la dette des étudiants américains enfle dans des proportions inquiétantes, les universités s’efforcent au moins de gagner davantage d’argent en prévision de temps plus difficiles. Pour son exercice fiscal clos le 30 juin, le portefeuille de l’université de Harvard a enregistré un rendement de 15,4 %. Elle se voit distancée par ses concurrentes. Yale, pionnière de l’investissement dans les « hedge funds  » dès 1990, a enregistré une performance de 20,2 %. La moitié de ses actifs sont placés dans des stratégies alternatives (« hedge funds  » et capital-investissement). Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Darmouth ont gagné 19,2 % et l’université de Pennsylvanie 17,5 %. Le rendement médian des universités et fondations est de l’ordre de 16,7 %.

Les universités en concurrence directe (Harvard, Yale, Princeton) tendent à suivre des politiques d’investissements très similaires en terme de placements, notamment alternatifs. En clair, elles se copient les unes les autres. Exemple ? Quand l’une d’entre elles augmente de 1 % ses placements en « hedge funds « , ses rivales augmenteront les leurs de 0,5 %. Les fonds des universités dits « fonds de dotation » (« endowments « ) sont chargés de faire fructifier une part des ressources financières des universités, et financent autour de 10 % de leurs dépenses annuelles. Elles doivent donc générer des revenus réguliers significatifs pour assurer l’équilibre du budget.

Stratégie payante

En outre, être l’université la plus performante est, notamment pour les 8 membres de l’« Ivy League  » (Harvard, Princeton, Yale, Columbia…), une question de prestige et d’honneur. « L’élite » se doit de générer des rendements plus élevés à la hauteur de son rang et, pour ce faire, ne craint pas de s’aventurer sur des stratégies complexes mais rentables comme les « hedge funds « . C’est en théorie presque une formalité pour des universités qui comptent en leurs sein autant de prix Nobels… Cette stratégie s’est en tout cas avérée payante jusqu’à la crise récente. En effet, entre 1992 et 2005, le rendement annuel d’une université de l’Ivy League a été de 14 % contre 9 % pour les autres (1).

N. A.-K.

(1) « Secrets of the Academy : the drivers of university endowment success », MIT.

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