L’entreprenariat africain

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Entreprendre au Sénégal et plus généralement en Afrique s’apparente pour beaucoup de candidats à l’entreprenariat à un parcours du combattant. Et pourtant, créer une entreprise au Sénégal c’est miser sur le taux de croissance exceptionnel et la grande stabilité monétaire d’un pays où tout est à faire. Le dynamisme du tissu entrepreneurial sénégalais est la conséquence, malgré les embûches, d’un véritable engouement pour la création d’entreprises dans tous les domaines d’activité.

Entreprendre en Afrique, de lourds défis à relever

Les difficultés d’accès au financement : une réalité majeure

Le volet financier représente certainement l’un des défis les plus importants à relever dans le domaine de la création d’entreprise en Afrique. Au Sénégal, le risque de recouvrement élevé qui représentait avant la crise sanitaire 13,6% de l’encours total des crédits, a conduit à la frilosité des banques envers les PME et PMI. Le manque de visibilité sur la qualité des startups et des PME constitue un frein à la prise de risques aussi bien pour les institutions publiques que privées. De son côté, le marché des capitaux ne semble pas adapté aux petites structures qui, faute de moyens, sont dans l’incapacité de payer leur ticket d’entrée et ne peuvent pas non plus se tourner vers les fonds d’investissement. Un jeune créateur d’entreprise, sans expérience professionnelle et souhaitant se lancer seul rencontrera des difficultés pour donner vie à son projet.

Faire face à l’environnement socio-culturel

Au Sénégal et d’une manière générale sur tout le continent africain, le succès en affaires n’est jamais bien vu aux yeux des autres. Les jeunes entrepreneurs doivent se forger un mental d’acier pour affronter la réalité du monde des affaires qui peut souvent s’avérer redoutable.

L’un des premiers obstacles rencontrés par un porteur de projet de création d’entreprise reste sa capacité à prouver son sérieux et sa rigueur. Bon nombre de jeunes diplômés subissent des pressions de leur entourage qui leur déconseille de se lancer dans une telle aventure. Il en résulte la perte d’un levier de motivation, indispensable pour réussir.

L’espoir et la foi en l’avenir pour les entrepreneurs africains

Des solutions pour la recherche de financement

La recherche du financement ne doit pas se limiter à la seule solution des organismes financiers et du crédit bancaire. Plusieurs réponses au financement existent et passent selon le cas par :

  • Les financements internationaux (BERD, etc)
  • La micro-finance, un système qui n’octroie cependant que de faibles montants et à des taux élevés
  • Les politiques incitatives de l’Etat
  • L’apport d’investisseurs étrangers souvent séduits par des projets « verts » ou « éthiques ».
  • Les sociétés de capital risque
  • La diaspora sénégalaise

(source entreprendre.sn)

Les sociétés spécialisées dans les offres de financement par leasing jouent également un rôle clé dans le développement des nouvelles entreprises sénégalaises. Elle interviennent dans le prêt de matériel souvent coûteux dont elles restent propriétaires jusqu’au rachat à moindre coût proposé au client en fin de location.

A cela s’ajoute le soutien des Business Angels, des entrepreneurs expérimentés et bienveillants dont le rôle consiste à guider les porteurs de projet aussi bien d’un point de vue administratif que pour présenter ledit projet aux différents acteurs susceptibles de s’y intéresser.

Les mesures gouvernementales pour promouvoir les start-ups

Même si cet horizon paraît encore lointain, l’Afrique, et en particulier le Sénégal, s’imagine déjà dans l’après-Covid. Le Sénégal a ainsi instauré un plan spécial de relance post-Covid et une loi visant à favoriser les start-ups sénégalaises qui prévoit notamment pour ces dernières des financements spécifiques et privilégiés ainsi que des exonérations fiscales. L’accès au financement, on le rappelle, étant un élément clé pour toute création d’entreprise.

Le soutien à l’entreprenariat au service des économies rurales

La marche vers l’autosuffisance est lancée en Afrique avec l’objectif de limiter les importations. L’essor de la technologie devrait aider à combler les lacunes et à accroître la productivité agricole. Quatrième économie d’Afrique de l’Ouest, le Sénégal vise à améliorer son agriculture et son économie rurale en misant sur la création d’entreprises axées sur les services et les nouvelles technologies. De l’entreprenariat dépend l’avenir de nombreux secteurs de l’agriculture et de l’agrobusiness. Pour aider les nouveaux entrepreneurs, le programme d’appui au développement agricole (PADAER), découpé en plusieurs phases, a ciblé ainsi plusieurs régions défavorisées du Sénégal en encourageant la création d’entreprises par un meilleur accès au crédit et la création d’emplois notamment dans les domaines agricoles et de l’élevage.

Le projet de promotion des micro-entreprises rurales (PROMER) intervient de son côté depuis plusieurs années en zone rurale pour promouvoir les micro-entreprises non agricoles ce qui a permis la création ou la consolidation d’environ 1400 micro-entreprises et 3900 créations d’emplois.

L’entreprenariat en Afrique, un levier d’inclusion sociale

De plus en plus d’entrepreneurs au Sénégal et en Afrique ont relevé avec succès des challenges sociaux, économiques et environnementaux dans des environnements en pleine mutation. En Afrique, les opportunités économiques s’imposent de plus en plus dans le domaine du digital. Les porteurs de projets sur ce secteur peuvent ainsi s’appuyer sur une grande diversité d’acteurs impliqués dans la structuration des écosystèmes entrepreneuriaux inclusifs et numériques en Afrique. Parmi ces acteurs on citera les incubateurs, les réseaux d’entrepreneurs, des ONG… On évoquera aussi des programmes pluridisciplinaires comme AFIDBA porté par l’association CARE et d’autres organisations, lancés sur plusieurs années consécutives pour promouvoir les appels à projets des entreprises digitales inclusives sur le continent africain.

L’Afrique représente une grande opportunité sur le plan économique avec une croissance démographique qui laisse supposer qu’en 2050 le quart de l’humanité sera africaine. Entreprendre en Afrique s’avère alors plus que judicieux à commencer par le Sénégal, un pays réputé démocratique, dynamique et accueillant.

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